Fondée sur l’utilisation d’une technologie issue de l’Institut NeuroMyoGène (INMG) à Lyon, OncoFactory est une spin-off du CNRS qui développe une plateforme permettant de créer des répliques miniaturisées de tumeurs cancéreuses de patient. Parmi ses avantages concurrentiels de poids : la rapidité de modélisation des tumeurs sur modèle animal embryonnaire. La startup créée en mars 2016 s’est appuyée sur Pulsalys dans un premier temps pour protéger sa technologie par plusieurs brevets, puis pour identifier son futur CEO qui a rejoint la société depuis mai 2017.

3 Questions à Frédéric BERGET, CEO de la société OncoFactory

PULSALYS : Quel est votre profil et comment avez-vous rejoint le projet OncoFactory ?

Frédéric Berget : Je suis vétérinaire de formation et cherchais un projet à porter. C’est par le réseau des Business Angels que j’ai connu Pulsalys, et c’est Pulsalys qui m’a permis de rencontrer en décembre 2016 Valérie Castellani-Lincontang et Céline Delloye Bourgeois, deux chercheurs du CNRS. C’est alors qu’elles m’ont présenté un projet qui sans nul doute allait permettre de grandes avancées médicales dans la recherche contre le cancer. Elles avaient besoin de quelqu’un pour les aider à développer la société. Je n’ai pas hésité longtemps. C’est une belle aventure humaine et entrepreneuriale qui a ainsi commencé.

PULSALYS : Avez-vous des « concurrents » et quelles sont aujourd’hui les principaux atouts et les perspectives de développement de Oncofactory ?

Frédéric Berget : Le rapprochement est parfois fait avec des sociétés qui travaillent en oncologie sur la membrane chorio allantoidienne de l’œuf (comme Inovotion). Mais en réalité nous intervenons à des étapes très différentes du développement d’un médicament et n’entrons pas en concurrence. C’est plutôt les sociétés qui utilisent les modèles murins PDX qui se rapprochent le plus de notre activité. Quant à nous, nous apportons aux industriels des solutions innovantes qui leur permettent d’évaluer l’effet de leurs molécules en un temps très court, sur des répliques de tumeurs obtenues dans des embryons de poulets à partir de simples biopsies de patients. L’intérêt pour les laboratoires est majeur puisque nous leurs faisons beaucoup gagner de temps sur le développement de leurs molécules et que nous les aidons à mieux choisir les molécules qui pourront partir en essais cliniques. Parmi les industriels qui nous ont déjà fait confiance, on trouve des sociétés de biotechnologies comme Erytech Pharma ou encore la société Cellipse. Nous menons également un travail de recherche en oncopédiatrie, soutenu notamment par une action de mécénat du Groupe Apicil et nous collaborons avec l’équipe du Professeur Stéphane Dalle au Centre Hospitalier Lyon Sud pour identifier des biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement du mélanome métastatique.  Cette reconnaissance de notre travail par les HCL est pour nous une grande fierté. Nous avons donc un modèle de développement dans lequel nous générons du chiffre d’affaires par des prestations de services, ce qui finance notre R&D sur les biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement contre le cancer.

PULSALYS : En quoi Pulsalys vous a aidé et comment vous projetez-vous ?

Frédéric Berget : La technologie développée par les chercheuses était déjà très avancée et Pulsalys a eu un rôle de facilitateur pour les accompagner dans les premières phases de dépôt de brevets et de création. L’incubation chez Pulsalys a ensuite permis à la startup de consolider son équipe, notamment par le recrutement de son dirigeant, et de clarifier son plan de développement afin d’accélérer la mise sur le marché de ses produits et services. Nous exploitons actuellement un contrat de licence exclusive sur deux brevets gérés par Pulsalys.  Nos premières embauches ont commencé en 2018 et nous visons en 2019 de doubler l’effectif afin d’augmenter nos capacités de productions sur le volet prestations de services. Grâce à sa technologie protégée, Oncofactory ambitionne de devenir un acteur clé de la chaîne de valeur du drug discovery et de celle de la médecine personnalisée en oncologie.

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Image à la Une : Frédéric Berget, CEO de Oncofactory©PULSALYS/NM