Valorisant le fruit de dix années de recherche au sein de l’Institut Lumière Matière,  la startup NH TherAguix créée en décembre 2015 emmène sur le marché le nanomédicament théranostique AGuIX®. Une licence exclusive des 4 familles de brevets signée en juin 2016 avec PULSALYS lui assure une longueur d’avance pour ses nanomédicaments qui permettent de  maximiser l’effet de la radiothérapie. 

PULSALYS : Comment est née la société  et d’où vient le nom de NH-TherAguix ?

Géraldine Le Duc : Nous nous connaissions avec Olivier Tillement, chercheur à l’Institut Lumière Matière (ILM), depuis de longues années alors que je travaillais à l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility, Grenoble). Olivier a découvert et caractérisé les nanoparticules de gadolinium et j’ai mis en évidence leur effet radiosensibilisant, donc leur effet thérapeutique potentiel. Après 10 ans de collaboration qui ont permis de renforcer la preuve de concept préclinique, il a semblé indispensable à l’équipe de l’ILM de créer la société afin d’emmener les nanoparticules jusqu’à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Olivier et moi-même nous sommes mis d’accord pour que je devienne le CEO de NH TherAguix et j’ai quitté l’ESRF dans le cadre d’un congés « création d’entreprise » en Mai 2016.

Concernant l’élaboration du nom : « NH » fait référence à la startup NanoH, également issue du laboratoire ILM, qui crée des particules nanohybrides, « Ther » est l’abréviation de thérapie, et « Aguix® » est notre candidat médicament.

PULSALYS :  Quel est le principal atout des nanomédicaments que vous proposez et quelle est aujourd’hui l’ambition de la société ?

Géraldine Le Duc : Nous proposons aujourd’hui un nanomédicament qui permet de maximiser la radiothérapie des cancers et qui a l’avantage de s’injecter par voie intraveineuse, ce qui ne change donc pas la pratique médicale. NH TherAguix est actuellement en développement clinique : nous avons deux essais de Phase 1 en cours et nous préparons activement notre essai de Phase 2. Nous recherchons actuellement entre 5 à 10M€ en vue de l’essai de Phase 2 sur les métastases cérébrales, la production de médicaments et le volet règlementaire. Si nous sommes sur la fourchette haute et que nous obtenons 10M€ nous pourrons envisager notre développement aux Etats-Unis. Après les essais cliniques de phase 1 sur les métastases cérébrales (Nanorad) et sur le cancer avancé du col de l’utérus (Nanocol), nous espérons développer la technologie pour le cancer du poumon, de la prostate et du pancréas. Tout dépendra des fonds levés !

 PULSALYS : En quoi vous a aidé PULSALYS?

Géraldine Le Duc : C’est le travail des équipes de PULSALYS qui a permis à NH TherAguix de récupérer la sous-licence exclusive des 4 familles de brevets importantes à son développement depuis juin 2016. Notre accompagnement par PULSALYS a été assez significatif puisque c’est ce qui nous a conduit à exploiter la technologie développée à l’ILM, qui est aujourd’hui le trésor de la société. PULSALYS a été un élément très consolidant dans le développement de NH TherAguix, non seulement par l’accord de sous licence concernant les 4 familles de brevets princeps que nous utilisons pour avancer dans notre développement, mais aussi grâce à des accords de maturation.  La créance contractée par NH TherAguix auprès de Pulsalys a été en partie convertie en capital, avec une entrée au capital de PULSALYS dans le cadre de notre dernière levée de fonds (Decembre 2017).

 

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Image à la Une : Géraldine Le Duc, Co-fondatrice & CEO de NH-TherAguix – ©PULSALYS/NM