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Un bioréacteur qui va révolutionner la greffe de cornée

09/10/2017

Au cœur du magnifique Campus Santé Innovation de St Etienne, qui réunit notamment la Faculté de médecine, le CHU Nord, et le Centre d’Ingénierie Santé, le laboratoire universitaire BiiGC est un véritable « chaudron » d’innovations ophtalmologiques. C’est ce que se plait à rappeler le Professeur Philippe Gain, co-directeur du laboratoire en tandem avec le Professeur Gilles Thuret et aussi chef du service d’ophtalmologie au CHU de Saint-Étienne en clin d’œil au foot stéphanois. « Je ne voulais pas mettre tous les yeux dans le même panier » plaisante-t-il en expliquant l’intérêt à développer conjointement des projets Biotechs (dont les développements sont longs, coûteux, et à forte prise de risque) et des projets Medtechs (pour lesquels l’accès au marché est généralement plus rapide). « On a su s’entourer des compétences, locales ou d’ailleurs, autant en imagerie, en optique, en physique qu’en biologie, en ingénierie ou encore en chimie » déclare-t-il, en expliquant recruter des profils variés allant du biologiste cellulaire à l’ingénieur biomédical ou au mécatronicien.

De la greffe fraîche au bioréacteur

  « J’ai connu 3 époques » rappelle le Pr Philippe Gain, impliqué dans les greffes de cornées depuis 30 ans. « Il y a une trentaine d’années les greffes étaient fraîches : une heure après que le donneur soit prélevé, le receveur était implanté » explique-t-il. Le greffon pouvait alors avoir une durée de vie de 20-25 ans, ceci lié au fait qu’il était prélevé frais. Quand ont émergé les maladies infectieuses comme la maladie de Creutzfeld-Jacob, il a fallu sécuriser les greffons et les conserver dans un milieu nutritif liquide, qui malheureusement altère la qualité du greffon, ce qui a pour conséquence que les greffes actuelles ne durent plus qu’une dizaine d’années. « Je suis heureux aujourd’hui d’avoir, avec mon collaborateur de tous temps le professeur Gilles Thuret membre du prestigieux Institut Universitaire de France, mis au point une technologie innovante incarnée par le bioréacteur qui va permettre d’avoir quasiment la qualité de la greffe fraîche d’autrefois, mais avec les contrôles de qualité nécessaires d’aujourd’hui » se réjouit Philippe Gain.

Comment ça marche ?

Gardée confidentielle, la technologie du bioréacteur repose sur un savant mécanisme de circulation de liquides et de mise en pression assurés par un système de pompes. Grâce à ce procédé de conservation active, la viabilité des cellules de la cornée est ainsi assurée. Le laboratoire développe en parallèle les instruments optiques qui vont caractériser l’état du greffon. De l’idée née en 2010, un démonstrateur a été réalisé en 2014 et la preuve d’efficacité a été faite sur une série de 40 cornées fin 2015. « La clé de voûte est la pression et la circulation » révèle Philippe Gain sans en dévoiler davantage mais en expliquant l’analogie avec l’œil du poisson frais sur l’étal du poissonnier, gonflé et brillant !

Dans la ligne de mire d’un industriel de l’ophtalmologie

« Je suis très fier que cette merveilleuse technologie ait soulevé l’intérêt fort d’un industriel spécialisé dans l’ophtalmologie et dont le rayonnement est international avec une implantation dans le monde entier » déclare Philippe Gain. En effet, si tous les majors de l’industrie pharmaceutique s’intéressent désormais aux produits pour l’ophtalmologie, avec des investissements colossaux, les inventeurs du bioréacteur souhaitaient quant à eux mettre leur innovation dans les mains de vrais spécialistes de l’ophtalmologie. Un vœu désormais exaucé puisqu’elle a justement tapé dans l’œil d’un référent industriel du domaine !

Une mise sur le marché à l’horizon 2022

Primé à plusieurs reprises lors des plus grands congrès de recherche ophtalmologique mondiaux et européens, le bioréacteur devrait entrer dès janvier 2018 en phase d’industrialisation. « Je serai très heureux qu’il arrive sur le marché d’ici 3 à 4 ans » conclut le Pr Philippe Gain, déclarant que le but en tant que « chirurgien -trouveur » n’est pas que nos « trouvailles » soient juste l’objet de publications ou de brevets mais qu’elles soient transférées aux patients. Le graal de ce chirurgien sera alors de greffer sa première cornée conservée en bioréacteur !

Le mot du chef de projet

Laetitia ROUX, chef de projet – Secteur sciences de l’ingénieur

PULSALYS a construit un portefeuille de 2 brevets et 3 savoir-faire autour du bioréacteur afin de consolider le patrimoine des établissements. Ceci est un véritable prérequis pour les industriels auxquels on transfère les inventions, puisque ces titres leur confèrent un monopole… indispensable pour investir.

PULSLAYS accélère également les démarches, puisque nous sommes le seul correspondant pour les partenaires industriels, gérant en amont les relations avec les copropriétaires des titres.