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LACTIPS emballe l’industrie avec ses plastiques bio-sourcés

LACTIPS emballe l’industrie avec ses plastiques bio-sourcés

Fait est que les ressources pétrolières ne sont pas infinies, que 160 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde …et que la moitié est destinée à l’emballage ! Devant le formidable potentiel de développement de la technologie mise au point par Frédéric Prochazka, chercheur à l’IMP, pour remédier à cet état de fait, la Société d’Accélération du Transfert de Technologies de Lyon St-Etienne Pulsalys a choisi d’accompagner le projet en vue de créer une start-up : LACTIPS.

Une belle histoire technologique et humaine 

L’aventure LACTIPS commence dès 2007 au sein du laboratoire IMP de l’Université Jean Monnet à Saint-Etienne avec la découverte par les chercheurs Gilles Assezat et Frédéric Prochazka des propriétés hydrosolubles et biodégradables d’une protéine du lait. S’interrogeant sur le potentiel technologique d’une telle découverte, l’équipe de recherche a mis au point un produit unique : des granulés thermoplastiques fabriqués à base de protéines de lait (caséine), visant à remplacer le plastique dans la fabrication de films hydrosolubles. Se pose alors la question du transfert de cette invention auprès d’industriels en quête d’innovation …mais c’est la voie de la start-up qui se présente comme la plus pertinente.

C’est au travers de Christine Duarte, responsable du Pôle Technologies & Usages, que Pulsalys assure alors le suivi du développement technologique, la protection de l’invention, la promotion de l’innovation, l’identification d’un porteur de projet en la personne de Marie-Hélène Gramatikoff, et la négociation de l’accord de licence d’exploitation. Signée en 2014 cette dernière donnera lieu à la création de la start-up avec à sa tête Marie-Hélène Gramatikoff, CEO et Frédéric Prochazka, à l’origine de la technologie transférée, comme CSO.

Lire l’interview de Marie-Hélène Gramatikoff, CEO 

Un bioplastique multi-usages

Présenté sous forme de granulés, le plastique biodégradable proposé par LACTIPS peut être transformé par toutes les technologies classiques de la plasturgie comme l’extrusion, l’injection ou le thermoformage. Il peut ainsi permettre d’envisager la fabrication de films, de sacs ou d’autres objets  hydrosolubles pour de multiples applications. Autre avantage non négligeable, ce matériau nécessite une énergie moindre pour sa transformation que les plastiques classiques.

 

Levées de fonds et grandes ambitions !

Lactips a annoncé en février 2016 une levée de fonds de 1,2 million d’euros auprès d’Emertec et de Demeter (à hauteur de 600 000 euros chacun destinée à financer l’industrialisation de ses premiers produits, l’élargissement de sa gamme et son déploiement commercial.

D’ores et déjà dans la course à la commercialisation de films d’emballage éco responsable pour les produits détergents, notamment les pastilles de lave-vaisselle, la société LACTIPS ambitionne de conquérir des parts de marché à court terme dans les domaines de la détergence, du traitement de l’eau, du traitement de piscine et des pesticides; à moyen terme dans les domaines agrochimique et agroalimentaire, et enfin à plus long terme dans le secteur médical et de la cosmétique.

Labellisée « Entreprise Innovante des Pôles » avec Axelera (le Pôle de compétitivité Chimie et Environnement), LACTIPS poursuit sa croissance et se donne les moyens de ses ambitions ! Préparée par le programme Incub’Europe porté par Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, la start-up a vu son projet d’entreprise « ECOLACTIFILM » distingué lauréat de l’appel à projets européen ultra-sélectif H2020 INSTRUMENT PME PHASE 2 en janvier 2017 (lien communiqué du 21/08/2107). Assorti d’un accompagnement par la société de conseil en innovation BENKEI et d’une subvention de 1,5 M€, ce succès dans le cadre d’un concours international ouvre pour LACTIPS de nouveaux marchés (non-alimentaires), depuis la R&D jusqu’à la commercialisation. Lancé début juillet pour 24 mois, le programme crée un contexte favorable et génère d’ores et déjà de fortes retombées économiques locales. Les perspectives sont à la fois d’ordre économique et social : c’est avec une trentaine de personne que LACTIPS ambitionne d’atteindre 20M€ d’€ de CA d’ici à 2020.

 

En bref

Création : 2014

Fondateurs :

  • Marie-Hélène Gramatikoff, CEO
  • Frédéric Prochazka, CSO (enseignant-chercheur à l’Université Lyon I)
  • Fabrice Plasson, CEO Amoéba

Chiffre d’affaires :

  • 2018 : prévision 1 M€
  • 2020 : objectif 20M€

Nombre de personnes : 23

Financement : subvention européenne Instrument PME phase 2 H2020 en 2017

Palmarès :  LACTIPS lauréat des 1ers Trophées des startups de la région Auvergne Rhône-Alpes (9/10/2017) .

Site : www.lactips.com

 

Le mot du chef de projet

Christine Duarte, responsable Pôle Technologies & Usages chez Pulsalys

« Nous avons déposé une demande de brevet dès 2010 pour le projet de bio-emballage aux protéines de lait hydrosolubles qui ouvrait sur des domaines d’application d’une variété infinie et insoupçonnée, depuis les sachets hydrosolubles dans différents domaines d’applications (alimentaire, phytosanitaire, cosmétique, détergent, bâtiment…) au tee de golf en passant par des couches culottes jusqu’aux housses mortuaires biodégradables ! » se rappelle Christine Duarte, accompagnatrice du projet depuis ses débuts, soulignant le véritable engouement pour l’utilisateur final. L’idée était alors de trouver différentes formulations pour optimiser la composition du produit et un financement de 65K€ a été alloué.

« Ce projet faisait vraiment partie du top 3 pour lesquels j’avais envie de me lever le matin, et dès le départ les utilisateurs finaux potentiels nous inondaient de demandes ! » évoque-t-elle. Après de multiples rencontres avec tous les acteurs de la chaîne de valeur c’est une mise en relation avec Fabrice Plasson – d’ores et déjà Président de la start-up Amoeba- lors des Rendez-vous Carnot de 2012, qui a permi de donner un véritable virage au projet. « Eut égard à son expérience d’entrepreneur, l’entrée en scène de Fabrice Plasson symbolisait pour moi l’idée d’être allé jusqu’au bout du process, quand bien même une société n’aurait pu voir le jour, et c’est lui qui a suggéré de confier le projet à Marie-Hélène Gramatikoff » confie Christine. La voie s’est alors dégagée suite à une rencontre organisée entre le chercheur F. Prochazka, l’Université Jean Monnet, la porteuse de projet M-H Gramatikoff, l’entrepreneur F. Plasson et PULSALYS représenté par Christine Duarte.

Retrouvez les protagonistes de la belle aventure LACTIPS  à l’occasion de la table-ronde organisée par PULSALYS

 au Salon Europack le Mardi 21 Novembre de 11h15 à 12h45