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Les Laboratoires Théa révolutionnent la greffe de cornées avec leur spin-off Sincler

06/12/2018

PULSALYS a transféré une technologie issue du laboratoire BiiGC (Université Jean Monnet) dans le domaine de la greffe de cornée auprès des laboratoires Théa, premier groupe pharmaceutique européen indépendant en ophtalmologie, assorti de la création de la filiale Sincler implantée sur le territoire stéphanois.

On compte plus de 10 millions d’aveugles par cécité cornéenne dans le monde, et en France près de 3000 patients sont à ce jour inscrits sur la liste d’attente pour une greffe de cornée. Face à une pénurie mondiale de greffons, la problématique de la conservation d’organes est un enjeu majeur de santé publique, et la préservation des greffons cornéens en vue de leur transplantation s’avère particulièrement difficile. Auparavant utilisées dans l’instant, mais actuellement conservées dans un milieu nutritif liquide qui altère leur qualité et réduit considérablement leur durée de vie, les cornées issues d’un don d’organe vont à l’avenir pouvoir être gardées intactes. Une prouesse rendue possible grâce au bioréacteur développé au sein du laboratoire stéphanois Biologie, ingénierie et imagerie de la Greffe de Cornée (BiiGC).

De la greffe fraîche au bioréacteur qui va révolutionner la greffe de cornée

  « J’ai connu 3 époques » rappelle le Pr Philippe Gain, impliqué dans les greffes de cornées depuis 30 ans. « Il y a une trentaine d’années les greffes étaient fraîches : une heure après que le donneur soit prélevé, le receveur était implanté » explique-t-il. Le greffon pouvait alors avoir une durée de vie de 20-25 ans, ceci lié au fait qu’il était prélevé frais. Quand ont émergé les maladies infectieuses comme la maladie de Creutzfeld-Jacob, il a fallu sécuriser les greffons et les conserver dans un milieu nutritif liquide, qui malheureusement altère la qualité du greffon, ce qui a pour conséquence que les greffes actuelles ne durent plus qu’une dizaine d’années. « Je suis heureux aujourd’hui d’avoir, avec mon collaborateur de tous temps le professeur Gilles Thuret membre du prestigieux Institut Universitaire de France, mis au point une technologie innovante incarnée par le bioréacteur qui va permettre d’avoir quasiment la qualité de la greffe fraîche d’autrefois, mais avec les contrôles de qualité nécessaires d’aujourd’hui » se réjouit Philippe Gain.

Comment ça marche ?

Gardée confidentielle, la technologie du bioréacteur repose sur un savant mécanisme de circulation de liquides et de mise en pression assurés par un système de pompes. Grâce à ce procédé de conservation active, la viabilité des cellules de la cornée est ainsi assurée. Le laboratoire développe en parallèle les instruments optiques qui vont caractériser l’état du greffon. De l’idée née en 2010, un démonstrateur a été réalisé en 2014 et la preuve d’efficacité a été faite sur une série de 40 cornées fin 2015. « La clé de voûte est la pression et la circulation » révèle Philippe Gain sans en dévoiler davantage mais en expliquant l’analogie avec l’œil du poisson frais sur l’étal du poissonnier, gonflé et brillant !

Théa ajoute une corde à son arc avec la création de sa spin-off Sincler

Groupe pharmaceutique spécialisé dans l’ophtalmologie, et dont le cœur de métier est le produit médicamenteux, Théa se diversifie en intégrant cette innovation technologique issue du monde académique. La création de la spin-off Sincler (clin d’œil à l’implantation du groupe clermontois sur le territoire de Saint-Etienne) s’imposait stratégiquement pour porter le projet, ceci afin d’aboutir à la première greffe de cornée conservée en bioréacteur : une première mondiale et le graal pour les chirurgiens ophtalmologistes.

Outre l’intérêt économique de la diversification de produits, l’engagement de Théa dans le secteur de la greffe de cornée s’inscrit dans sa démarche sociétale puisque la société, via sa Fondation, est largement impliquée dans la formation et la lutte contre le trachome – principale cause mondiale de cécité d’origine infectieuse – en Afrique.

Grâce à cette technologie innovante unique, Sincler ambitionne de contribuer à répondre aux enjeux des banques de cornées du monde entier et à celles de l’Etablissement Français du Sang (EFS), partenaire historique du BiiGC et qui prend en charge la majorité des cornées pour la France.

« Ce projet constitue une étape importante pour la diversification des laboratoires Théa, tout en restant fidèle à la stratégie de répondre aux besoins des médecins ophtalmologistes et de leurs patients ; nous allons continuer à travailler avec le BiiGC et PULSALYS afin de mener le projet à son terme » déclare Colin Francou, responsable du développement des affaires des laboratoires Théa et Directeur Général de Sincler.

PULSALYS, maillon fort entre la recherche et l’industrie

Au cœur de la transaction, PULSALYS a permis de consolider le patrimoine des établissements stéphanois (CHU St-Etienne et Université Jean Monnet) en construisant un portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle autour du bioréacteur. Seule interface entre les établissements et le partenaire industriel, PULSALYS a eu à cœur d’accélérer les démarches pour transférer cette nouvelle technologie prometteuse issue du BiiGC, avec lequel elle a noué une relation étroite autour de projets innovants.

 « C’est une réelle fierté pour PULSALYS d’avoir transféré une technologie aussi prometteuse pour le domaine de la greffe de cornées à une entreprise au rayonnement international comme Théa. Notre accord, qui a conduit à la création de la nouvelle société, la spin-off Sincler, repose sur la richesse scientifique du territoire de St Etienne auquel elle apporte en retour développement économique et création d’emplois » se félicite Sophie Jullian, Présidente de la SATT, rappelant qu’à travers l’aboutissement de ce transfert de technologie PULSALYS remplit pleinement sa mission de valorisation de la recherche académique pour créer de la richesse sur son territoire.

Une mise sur le marché à l’horizon 2022

Primé à plusieurs reprises lors des plus grands congrès de recherche ophtalmologique mondiaux et européens, le bioréacteur devrait entrer dès janvier 2018 en phase d’industrialisation. « Je serai très heureux qu’il arrive sur le marché d’ici 3 à 4 ans » conclut le Pr Philippe Gain, déclarant que le but en tant que « chirurgien -trouveur » n’est pas que nos « trouvailles » soient juste l’objet de publications ou de brevets mais qu’elles soient transférées aux patients. Le graal de ce chirurgien sera alors de greffer sa première cornée conservée en bioréacteur !

Le mot du chef de projet

Laetitia ROUX, chef de projet – Secteur sciences de l’ingénieur

PULSALYS a construit un portefeuille de 2 brevets et 3 savoir-faire autour du bioréacteur afin de consolider le patrimoine des établissements. Ceci est un véritable prérequis pour les industriels auxquels on transfère les inventions, puisque ces titres leur confèrent un monopole… indispensable pour investir.

PULSALYS accélère également les démarches, puisque nous sommes le seul correspondant pour les partenaires industriels, gérant en amont les relations avec les copropriétaires des titres.