/ > Chirurgie / KERANOVA / Laser / Ophtalmologie

KERANOVA, future supernova de la chirurgie ophtalmique

09/10/2017

KERANOVA, future supernova de la chirurgie ophtalmique

Née en 2016, la société KERANOVA dont le siège social est basé à St-Etienne souhaite valoriser une découverte majeure faite dans des laboratoires stéphanois de l’Université Jean Monnet sous l’impulsion des Professeurs Philippe Gain et Gilles Thuret, deux médecins chercheurs qui dirigent le service d’ophtalmologie du CHU Nord de St Etienne. Véritable bistouri optique, le laser révolutionnaire pour lequel KERANOVA a signé une licence d’exploitation exclusive avec Pulsalys sera dans un premier temps l’allié des chirurgiens pour les opérations de la cataracte, avant d’embrasser plus largement d’autres indications ophtalmologiques.

Lire l’interview de Fabrice Romano, D.V.M, PDG, Fondateur de KERANOVA

Une technologie révolutionnaire à la conquête de la chirurgie ophtalmique

« Notre technologie trouvera sa place dans un équipement chirurgical très innovant qui pourrait représenter une évolution particulièrement importante dans la chirurgie ophtalmologique » assure Fabrice Romano, fondateur et dirigeant de KERANOVA, qui confie avoir été littéralement « bluffé » par la technologie qu’il a découvert « presque par hasard » dans le laboratoire BiiGC. L’objectif de cette dernière est notamment de rendre la chirurgie répétable, précise, robotisée, quasiment automatisée …et ce à l’horizon de 2 ans.

« En 30 ans de métier il n’y a pas eu une année sans révolution marquante dans ma discipline » déclare le Professeur Philippe Gain, âgé de 56 ans et chirurgien ophtalmologique depuis l’âge de 22 ans, précisant que dans le domaine de la chirurgie de la cataracte il n’a pas connu moins de 4 techniques différentes, depuis des techniques très manuelles à des techniques partiellement assistées par des machines. « Aujourd’hui nous apportons une technologie qui va révolutionner la chirurgie de la cataracte et qui va pouvoir se développer grâce à KERANOVA » se réjouit-t-il. La rapidité de la technologie laser chirurgical est un atout fondamental sachant qu’il existe actuellement une véritable barrière clinique puisque l’œil du patient ne peut être soumis à un traitement par laser pendant plusieurs minutes. Or avec la technologie KERANOVA il s’agit ici de quelques secondes !

Pourquoi « KERANOVA » ?

Alors que « Kéra » fait plutôt référence à la cornée, on pourrait s’étonner que la technologie développée par KERANOVA s’adresse en premier lieu au cristallin avec la chirurgie de la cataracte. « Le nom choisi fait référence à la technologie initialement développée pour nous permettre de trancher une cornée  en de très fines lamellesgrâce au laser» explique le Professeur Gain, dont le laboratoire est probablement l’un des plus performants au monde en matière de cornée, rappelant par ailleurs la problématique de la pénurie mondiale de cornées, qui conduit un seul patient sur cent à bénéficier d’une greffe de cornées prélevée sur l’œil d’un donneur décédé [Lire aussi Un bioréacteur qui va révolutionner la greffe de cornée] . « Cette prouesse de découpage plan et fin de lamelles de cornées assortie de bio ingénierie, qui consiste à les recouvrir de cellules cornéennes cultivées en laboratoire, devrait permettre à de nombreux patients de recouvrer la vue !» assure le Pr Gain. La jeune société KERANOVA doit donc tout naturellement son nom à cette technique de découpe laser ultra-rapide, qui ne lui était initialement pas destinée mais qui a été perfectionnée en un véritable « bistouri laser » permettant une découpe automatique, précise et extrêmement rapide.

Un contexte porteur

Dans un contexte de vieillissement de la population, inéluctablement associé à un accroissement du handicap visuel – impliquant tout particulièrement le vieillissement du cristallin, à savoir son opacification qui nécessite une opération de la cataracte – on assiste à une explosion partout dans le monde de la chirurgie ophtalmologique.

Les interventions sont particulièrement variées dans un service de chirurgie ophtalmologique, et le challenge est l’ambulatoire, avec plus de 90% des interventions réalisées en ambulatoire. Or l’infection post-opératoire est la bête noire du chirurgien, et la stratégie ambulatoire permet de réduire drastiquement le risque d’infection intra-oculaire – endophtalmie- sachant que la majorité des infections sont d’origine nosocomiale. Toutes les technologies qui concourent à la réduction du temps d’intervention concourent donc par la même à la réduction du risque nosocomial !

Un portefeuille de 6 brevets

Bénéficiant des avancées majeures élaborées au sein de laboratoires stéphanois, dont le BiiGC dirigé par le Professeur Gain, la nouvelle technologie développée par les équipes de KERANOVA intègre une technologie de rupture brevetée et unique au monde.. Intégrée dans un premier équipement chirurgical elle permettra d’obtenir des performances inimaginables il y a encore quelques années. « Nous avons la chance de nous adosser à un laboratoire académique de recherche en ophtalmologie qui gagne des prix à chaque fois qu’il fait une présentation lors d’un congrès » observe Fabrice Romano, fondateur et CEO de la start-up KERANOVA, indiquant que la technique de fragmentation ultrasonique par vibration du cristallin -appelée phacoémulsification – aspiré par une pointe creuse n’avait quasiment pas évolué depuis 30 ans et restait manuelle. « Les autres lasers qui ont tenté de pénétrer le marché de la cataracte sont beaucoup trop lents alors que la vitesse de notre laser chirurgical est stupéfiante » déclare-t-il, faisant l’analogie entre le terrain de jeu qu’offre le cristallin (soit 9mm x 4mm) et un champ qui serait labouré par 20 sillons en simultané plutôt qu’un seul, réduisant alors le temps de labour de 2 jours à 1 heure ! Et le marché est tout simplement énorme, avec quelques 20 millions de personnes opérées de la cataracte chaque année dans le monde (contre 4 à 5 millions de personnes pour la chirurgie réfractive comme la myopie) !

Un avantage de taille pour les praticiens

Selon le Pr Gain, l’instrument hautement perfectionné ultra-rapide et de précision micrométrique que développe KERANOVA, effectuera 80 % de l’opération de la cataracte et remplacera presque les gestes manuels les plus délicats. « Cette technologie du futur réduira certaines étapes de l’acte de quelques minutes à quelques secondes, et ce de manière automatique et extrêmement précise, supprimant alors l’erreur potentielle du geste humain » indique le Pr Gain, soulignant que la technologie « d’assistance » va grandement bénéficier à tous les jeunes chirurgiens moins expérimentés pour réaliser un geste précis et reproductible.

 

 En bref

  • Création : février 2016
  • Lieu : contrat d’hébergement avec l’Université de ST Etienne / bail de 600m2 à St Etienne dans l’ancienne manufacture / bureaux à Vénissieux depuis avril 2016
  • Co-fondateurs : Dr Fabrice Romano, CEO de KERANOVA / Pr Philippe Gain, Chef du service ophtalmologie, CHU Nord Saint-Etienne, co-directeur du BiiGC / Pr Gilles Thuret, co-directeur du BiiGC / Sophie VALLA, DGD de KERANOVA / 3 chercheurs
  • Chiffre d’affaires : prévision plus de 100M€ à un horizon de 5 à 7 ans après mise sur le marché
  • Nombre de personnes : 20
  • Financement [Total : 7 M€] :
    • Investisseurs historiques : CEA, Mérieux Développement
    • Levées de fond : 4M€ début 2016
    • BPI : 1M€ (prêt remboursable)
    • Banques : 2 M€
    • Prochaine levée de fonds prévue fin 2018
  • Palmarès : Trophées Réussite de la Loire et de la Haute-Loire
  • Site internet : www.keranova.fr/com
  • Contact Keranova : fromano[@]keranova.fr
  • Contact chef de projet : laetitia.roux[@]pulsalys.fr

 

 

Le mot du chef de projet

Laetitia ROUX, chef de projet – Secteur sciences de l’ingénieur

« Un brevet avait déjà été déposé par les soins de PULSALYS autour du procédé laser ultraperformant qui permet d’obtenir un plan de coupe parfait au sein d’un tissu. Grâce au transfert de technologie opéré par la SATT à travers une licence exclusive d’exploitation, la société KERANOVA conçoit et développe aujourd’hui des équipements chirurgicaux de bloc opératoire destinés à différentes indications ophtalmologiques du segment antérieur de l’œil. C’est avant tout le résultat d’une rencontre d’hommes « faits pour s’entendre », le Pr Philippe Gain et le Dr Fabrice Romano, qui partagent la passion de l’innovation et ont trouvé un formidable terrain d’entente autour d’une technologie prometteuse qui adresse un marché gigantesque ».