3 questions à Yuko Sasa

Développeuse chez PULSALYS pour le projet Skilder

Quels sont votre formation et votre parcours ?

Mon parcours est assez transversal et pluridisciplinaire mais principalement autour de la linguistique et l’informatique avec un fort ancrage sciences humaines. Au sein du laboratoire d’Informatique de Grenoble (LIG), j’ai réalisé une thèse portant sur les primitives langagières d’un robot majordome d’un habitat intelligent en interaction avec des personnes âgées en isolement pour appréhender les processus de construction relationnelle que nous avons observé sous forme d’une « glu socio-affective » avec ma directrice Véronique Aubergé (CNRS, LIG). Ces travaux ont été co-dirigés par Feng Gang (Gipsa-Lab) et co-encadré par Yoshinori Sagisaka (Université Waseda, Japon), financé par le labex Persyval-Lab. A la suite du doctorat, j’ai participé au projet CATCH porté par le labex SMART dans le laboratoire ISIR (Sorbonne Université) à Paris, autour de la modélisation d’un système de décision prenant en compte les affects sociaux, dans le cadre d’interactions collaboratives ludiques entre un agent virtuel et un humain dans un contexte de réalité virtuelle (CAVE). Ce postdoc a été réalisé dans l’équipe de Catherine Pelachaud, en collaboration avec Indira Thouvenin et Domitile Lourdeaux de l’UTC de Compiègne.

Quelle est votre fonction chez PULSALYS ?

J’ai rejoint PULSALYS comme ingénieure en traitement automatique des langues. Le projet Skilder s’intéresse aux indices révélant des softs skills, soit des compétences comportementales relationnelles dont les traces apparaissent dans nos productions communicatives. Définis dans le contexte de recrutement et les besoins des services RH, ces marqueurs nous aideraient à donner un premier aperçu des candidats sur leurs compétences « qui ne se voient pas sur le CV » mais révélées par leurs comportements émergents à travers l’usage de serious games. Ma contribution serait donc tout d’abord en collaboration avec le laboratoire ICAR dans l’analyse des comportements des joueurs pour en extraire des indices pertinents. Puis dans un deuxième temps, l’objectif est d’automatiser cette détection d’indices et de pouvoir leur associer une pondération permettant de définir un profil retranscrivant les soft skills du candidat afin d’aider le travail des recruteurs selon leurs attentes.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre la structure et quels sont vos souhaits ?

Par un jeu de hasard heureux, lors des forums de l’emploi d’octobre 2018, il s’avérait que mes compétences et mes envies de recherche convergeaient scientifiquement et humainement avec la vision du projet Skilder. A l’appui d’expériences antérieures positives de recherche collaborative avec les milieux industriel et usagers durant ma thèse, cette opportunité me permettait également de pouvoir prendre du recul vis-à-vis du milieu académique, afin de valoriser différemment les résultats de recherche. A plus long terme et d’un point de vue tout à fait personnel, je pense que l’évolution sociétale est telle que la recherche en elle-même évolue. Ainsi l’industrie a une place très pertinente pour les changements du fait de ses nouveaux écosystèmes, et je souhaite un bel avenir pour la start-up Skilder portant des problématiques et des enjeux extrêmement humains au cœur du numérique.