3 questions à Denis Barbier, CEO de la société Microlight3D

Spécialisée dans les machines de micro-impression 3D haute résolution, Microlight3D utilise la technologie de polymérisation à 2 photons et développe des imprimantes 3D pour la fabrication de micro-objets (microfluidique, MEMS), l’ingénierie tissulaire, etc.  Le nouveau type de résine non linéaire ultrasensible développé par le Laboratoire de chimie de l’ENS Lyon permet d’envisager la fabrication 3D holographique (projection de millions de pixels par cm²). L’objectif est d’augmenter la cadence et diminuer le coût de fabrication de pièces millimétriques destinées à l’industrie photonique, la micromécanique, ainsi qu’au secteur biomédical.

Comment est née la startup Microlight3D et plus précisément comment votre parcours vous a mené à cela ?

Microlight3D est issue de 15 années de recherche au sein du Laboratoire Interdisciplinaire de Physique (LiPhy) à Grenoble. Les chercheurs ont initié leur travail de recherche fondamentale dans les années 2000 et sont venus me trouver en 2010 pour me présenter leur technologie innovante avec l’idée première de demander à Teem Photonics, l’entreprise que j’avais co-créée 12 ans auparavant et dont j’étais alors CTO, de vendre leur machine. Nous avons alors commercialisé un premier prototype de laboratoire qui nous a permis de découvrir les marchés potentiels, et est vite apparue l’opportunité de valoriser l’innovation technologique à travers une société dédiée.  C’est alors la SATT Linksium qui nous a accompagnés dans les phases de maturation dès 2014, puis d’incubation en 2015 pour aboutir à la création de Microlight3D en 2016.

Comment une startup innovante peut-elle s’engager d’emblée et aussi vite sur de nouvelles perspectives d’innovation ?

Les chercheurs de l’ENS de Lyon développaient déjà une collaboration de longue date avec les physiciens du LiPhy et avaient anticipé le fait que la technologie nouvelle développée par ces derniers aurait tout à gagner de disposer de matériaux nouveaux adaptés ! Ils ont parié sur le besoin qui allait venir, et sont donc tout naturellement venus nous proposer de développer des matériaux spécifiquement pour nos machines. L’opportunité qui se présentait ne pouvait évidemment pas ne pas être saisie. En effet notre technologie, sans matériaux adaptés, n’existe pas ! La R&D réalisée en interne porte sur les machines mais nous ne sommes pas du tout chimistes et avons besoin sur ce volet de nous appuyer sur des collaborations extérieures. Notre prestigieux Prix i-Lab reçu en juillet 2018 (photo) donne à Microlight3D ses premières lettres de noblesse, avec une reconnaissance et une notoriété précieuse pour aborder le marché mondial. Notre première version était très orientée laboratoire, et il s’agit à présent de la rendre plus productive et plus rapide pour élargir le marché.

Où intervient  PULSALYS et qu’en attendez-vous ?

Notre objectif aujourd’hui consiste à la fois à améliorer la partie hardware afin d’imprimer plus vite et à développer le logiciel pour traiter des fichiers plus complexes plus rapidement. C’est génial que PULSALYS ait décidé de nous accompagner dans cette formidable aventure. Le projet porté par PULSALYS et Microlight3D va permettre au laboratoire de démontrer la faisabilité d’une nouvelle gamme de matériaux adaptés à la technologie d’impression 3D à haute précision de l’entreprise. Ce projet est une première étape qui concrétise les relations entre le laboratoire et l’entreprise. A terme, la co-maturation aboutira au transfert de la technologie Résines 3D à Microlight3D. L’enjeu est clairement de démocratiser la technologie pour rendre accessible « à tous » la fabrication de micro-pièces alors qu’elle est encore réservée aux seuls laboratoires de recherche.

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